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BVD (information sanitaire) PDF Imprimer Envoyer

MAJ 19/11/2014

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Le BVD (Diarrhée Virale Bovine) ou Maladie des muqueuses est une maladie due à un virus qui touche les bovins. La circulation de ce virus en France est fréquente.

  • Quels sont les symptômeset l'impact sanitaire ?

Lorsqu'un animal sain est contaminé, après sa naissance, la plupart du temps l'infection passe inaperçue et se traduit par des symptômes frustres de courte durée (fièvre, manque d'appétit).

Il existe cependant des souches virulentes du virus capables de provoquer des formes graves avec un taux de mortalité significatif. Dans ce cas, une forme entérique  avec notamment de la diarrhée, ou une forme hémorragique sont possibles.

Le virus du BVD provoque aussi une baisse d'immunité des animaux lorsqu'ils viennent de se contaminer. Il pourrait ainsi participer à aggraver certaines broncho-pneumonies.

Le problème essentiel vient de la contamination de femelles en gestation et jusque là séronégatives (vaches n'ayant auparavant jamais été en contact avec le virus). Après 30 jours de gestation, le virus est susceptible d'envahir le fœtus suite à la virémie maternelle. Dans ce cas, la contamination d'une femelle gravide entre 30 et 125 jours de gestation est à haut risque. Le fœtus contaminé possède alors un système de défense immunitaire non opérationnel. Dans ce cas, l'animal nait IPI : un animal Infecté Permanent Immunotolérant. Cet animal a intégré le virus comme un élément normal de son organisme. Les analyses de laboratoire montrent que cet animal est virologiquement positif car il ne lutte pas contre celui-ci pour l'éliminer (il ne produit pas d'anticorps). L'animal excrète partout et continuellement du virus pendant toute sa vie. Il est fortement contagieux pour tous les animaux qui l'entourent.

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D'autre part, lorsqu'un animal adulte se contamine, le BVD altère gravement les résultats de reproduction. Il entraîne une diminution de la fertilité des femelles. Le sperme d'un taureau infecté par le BVD est de qualité normale ou réduite mais dans tous les cas le taux de fécondité est diminué. Le BVD est ainsi responsable d'un allongement vêlage-insémination fécondante. Il est important de noter que les altérations de fécondité sont transitoires.

Le BVD est aussi un agent d'avortement. Le plus souvent les avortements sont observés pendant les deux premiers tiers de gestation avec souvent expulsion d'un fœtus momifié. Enfin, le BVD est à l'origine de malformations de fœtus (malformations oculaires, nerveuses, cutanées...).

  • Quel est le devenir des animaux IPI?

Les animaux dits IPI ont en général une durée de vie courte et souvent ils meurent avant l'âge de 2 ans. Ces animaux, comme nous l‘avons mentionné plus haut, sont porteurs permanents du virus. Un jour, ce virus mute et conduit à l'apparition de la Maladie des muqueuses. L'animal IPI présente alors, le plus souvent, fièvre (40-41 °C), dépression, anorexie, érosions de la muqueuse buccale, écoulements nasal et oculaire abondants et mucopurulents, érosions au niveau du bourrelet coronaire et des espaces interdigités avec boiterie et diarrhée profuse. L'issue est fatale 3 à 10 jours après le début des signes cliniques. Une forme chronique est possible.

  • Que faire lors d'une suspicion de BVD?

Une analyse de laboratoire est indispensable car on ne peut pas conclure à une infection BVD sans analyse. Deux types d'analyse sont possibles : une sérologie ou une virologie.

En réalisant une sérologie on recherche des anticorps contre le virus. Un animal qui présente une sérologie positive signifie qu'il a lutté contre la maladie et qu'il est immunisé. Il peut aussi être vacciné. Une sérologie positive doit conduire à s'interroger sur le reste du troupeau. Il est conseillé de faire des analyses sur les jeunes animaux (6-18 mois) pour savoir si le virus a circulé récemment.

Des analyses virologiques (antigénémie ou PCR) peuvent aussi être réalisées. Ces analyses recherchent directement le virus chez l'animal. Un animal positif signifie que l'animal est contaminé : soit il s'agit d'un IPI, soit il s'agit d'un animal infecté transitoirement (animal contaminé après la naissance et qui est entrain de lutter contre le virus et de l'éliminer). Pour savoir si l'animal est un IPI ou un infecté transitoire une deuxième analyse est indispensable un mois minimum après la première.

Remarque : avant l'âge de 6 mois, il n'est pas possible de réaliser une antigénémie car une interaction anticorps-virus gène l'interprétation du résultat. Avant l'âge de 6 mois, seule une PCR est possible.

Dans tous les cas, le choix des différentes analyses est à évaluer au cas par cas en fonction de l'élevage et de l'âge de l'animal. Le choix se fait en relation avec le vétérinaire. La FODSA peut aussi jouer un rôle de conseil.

Pour résumer et simplifier on peut retenir le schéma suivant.

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  • Comment le bovin se contamine-t-il?

Les bovins se contaminent essentiellement de 2 façons : soit par l'achat d'un animal infecté transitoire ou d'un animal IPI, soit par les contacts de voisinage au pâturage. La monte naturelle est une voie de contamination possible mais de bien moindre importance.

Le virus est fortement excrété au niveau nasal. La transmission du virus se fait essentiellement par voie aérienne avec comme voie d'entrée les voies respiratoires. La salive, les urines, les bouses, le placenta sont aussi contaminants mais bien moins que les sécrétions nasales. La contamination est possible par le sperme.

  • Quels sont les animaux contaminants?

Un animal IPI est contagieux pendant toute sa vie. Par contre, un animal infecté transitoire est contagieux pendant 1 mois en moyenne.

  • Que faire lorsqu'un animal est déclaré IPI?

Il faut réaliser de nouvelles analyses pour savoir si d'autres animaux dans le cheptel ne sont pas IPI. L'animal IPI doit être envoyé à l'abattoir au plus tôt car il représente un danger pour les autres animaux surtout si des femelles en gestation sont présentes dans l'élevage. D'autre part, une vaccination est préconisée. Le choix et la stratégie vaccinale doivent être réfléchis avec son vétérinaire.

  • Comment se prémunir contre cette maladie?

Les deux risques majeurs de contamination doivent être maîtrisés. Il faut, d'une part, gérer les achats en réalisant une analyse virologique à l'achat. En cas d'animal positif, il est recommandé de le retester 1 mois après afin de savoir si c'est un  IPI ou un infecté transitoire. La mise en quarantaine de cet animal est très vivement recommandée. Si c'est un IPI il ne faut pas l'introduire dans le cheptel et surtout avec des bovins en gestation. D'autre part, en cas de risque élevé de contamination au pâturage une vaccination préventive peut être mise en place.

  • L'action de la FODSA:

1. Dépistage sérologique des cheptels laitiers sur lait de tank

Depuis 2005, il est effectué annuellement un dépistage sérologique sur lait de grand mélange des troupeaux laitiers.

2  Dépistage des IPI et infectés transitoires sur prise de sang d'achat

Depuis décembre 2007, le dépistage systématique du BVD à l'introduction est en place dans notre département. Ce contrôle effectué en technique PCR de mélange permet la détection des bovins IPI ou infectés transitoires et ainsi la maîtrise d'un des risques majeurs de contamination des élevages.

Il est important de maintenir les bovins introduits en quarantaine jusqu'à connaissance des résultats et d'utiliser un billet de garantie conventionnelle qui permettra, plus facilement, le retour chez le vendeur d'un animal détecté positif.

En 2009, le coût de l'analyse est de 3.90 € HT grâce à une aide financière de la FODSA à hauteur de 2.60 € HT/analyse.

3. Soutien financier et technique des cheptels infectés

Lorsque la circulation du virus BVD est mise en évidence sur un cheptel, et qu'un ou plusieurs animaux IPI ont été dépistés, la FODSA propose aux éleveurs d'entrer dans un plan de maîtrise de la circulation virale.

L'objectif majeur de ce plan est de supprimer la circulation du virus au sein de l'élevage d'une part et ainsi de stopper l'expression clinique de la maladie et les pertes économiques engendrées.

grande_fleche.jpg Déroulement du plan BVD : Une visite conjointe FODSA/Vétérinaire est effectuée à l'entrée du plan. Elle a pour but de préciser les points importants à respecter pour la réussite du plan.

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